FRANCK PETETIN

UN HOMME DE CHEVAL AU PARCOURS ATYPIQUE

Enfant j’ai pratiqué l’équitation, mais le cheval me faisait peur. Pas la peur d’une chute, mais celle de l’inconnu, de ce que je ne savais pas lire. Des années plus tard, j’ai redécouvert le cheval sous un angle inattendu : celui de l’émotion, du mental, du langage non verbal résumé dans ce qu’on appelle l’équitation éthologique ou le horsemanship. Ce jour-là, tout a changé. Plus je comprenais leur mode de pensée, plus la peur s’éloignait.

De l’équitation au horsemanship

Quand je me suis remis à l’équitation, je n’avais ni croyances limitantes ni idées reçues à déconstruire. J’ai pu bâtir une relation avec les chevaux sur des bases solides, en les abordant avec respect, patience et compréhension. Cette approche, que l’on qualifie aujourd’hui autant d’équitation éthologique que de horsemanship, permet d’instaurer une véritable connexion avec le cheval en parlant son langage, plutôt qu’en lui imposant le nôtre.

L’expérience du Montana

Mon parcours m’a également mené aux États-Unis, où j’ai vécu une expérience unique dans un ranch du Montana (2002-2004), appartenant à La Cense. Pendant un an, j’ai travaillé avec des jeunes chevaux à débourrer, accompagné des cowboys dans la gestion du bétail sur ce ranch de 38 000 hectares. Ce séjour m’a permis de perfectionner ma compréhension des chevaux dans un environnement où l’efficacité et la communication avec eux sont essentielles. J’ai appris à développer une relation de confiance en m’adaptant à chaque cheval, en observant leurs réactions et en ajustant mon approche en fonction de leur état mental et émotionnel.

Du cavalier à l’homme de cheval

On ne naît pas homme de cheval, on le devient. On peut-être un cavalier sans être un homme de cheval. On peut aussi être les deux. C’est le but. Au fil des années, j’ai compris que l’équitation ne se résume pas à monter à cheval, mais à devenir quelqu’un de meilleur pour lui. Cela demande de se connaître soi-même, d’avoir envie d’apprendre, d’écouter, d’observer avant d’agir. Passer de cavalier à homme de cheval, c’est un chemin de transformation intérieure, où l’on développe autant d’humilité que de finesse. C’est ce parcours de vie, tissé d’expériences, de rencontres et de remises en question, qui m’a permis de construire une relation authentique avec les chevaux – et aujourd’hui de la transmettre.

Du cheval à l’humain

Mon parcours ne s’arrête pas aux chevaux. Auparavant, j’ai été manager. Une expérience qui m’a permis d’explorer en profondeur le fonctionnement de l’être humain : ses mécanismes de décision, ses émotions, ses interactions. C’est naturellement que ces deux passions – la compréhension du cheval et celle de l’humain – se sont rejointes pour donner naissance à mon travail d’équi-coaching qui repose sur trois expertises : le comportement du cheval, le management, la connaissance de l’être humain.

Sans empathie et sans une véritable connaissance de ces trois dimensions, il est difficile d’apporter un accompagnement pertinent. C’est cette approche globale que je propose aujourd’hui, que ce soit à travers mes stages d’horsemanship, mes accompagnements en éducation du cheval, ou mes sessions d’équi-coaching pour les managers et dirigeants.

Mon objectif : aider chacun à mieux comprendre le cheval pour mieux communiquer avec lui, mais aussi à mieux se comprendre soi-même à travers cette relation unique.

Franck-Petetin-équitation-éthologique-à-cheval

INTERVIEW

Pourquoi est-il important que le cheval puisse nous regarder avec ses deux yeux ?

Eh bien, dans un cheval, il y a deux chevaux : un côté gauche et un côté droit, et ce ne sont pas les mêmes. Le cheval côté gauche peut être confiant mais pas respectueux, et le cheval côté droit peut être plus respectueux mais moins confiant. Ou l’inverse. Ou ni confiant, ni respectueux. (…)

« Dans chaque cheval sauvage, il y a un cheval gentil qui sommeille.
Et dans chaque cheval gentil, il y a un cheval sauvage qui sommeille. »

COMPRENDRE LE CHEVAL

Plus de compréhension, moins d’appréhension

Lorsque l’on comprend le cheval, on réduit naturellement son appréhension à son contact. Mais pour cela, il faut apprendre à voir le cheval sous un autre angle : non pas comme un simple animal à monter, mais comme un être vivant doté d’un mental, d’un émotionnel et d’un physique.

Comprendre la nature du cheval

Le cheval est une proie. Par conséquent, tout, absolument tout peut représenter une menace pour lui. Là où nous voyons un environnement banal, lui le scanne pour se prémunir d’un danger potentiel qui peut surgir à tout instant. Pourtant, tous les chevaux ne réagissent pas de la même manière. Ce qui fait la différence, c’est leur volume de confiance en eux – c’est-à-dire leur capacité à gérer une situation inconnue sans paniquer. Cela va dépendre d’où se situe leur seuil de tolérance pour gérer un problème.

Cette confiance n’est pas innée, elle se construit… ou se détruit.

La confiance que le cheval a en lui, c’est une variable. Notre responsabilité est de donner au cheval confiance en lui, comme des parents le font avec leurs enfants. Mais si nous pouvons lui donner confiance, nous pouvons aussi la lui faire perdre, car chaque interaction avec le cheval a un impact direct sur son équilibre mental et émotionnel. En positif ou en négatif. Il s’agit en fait de désensibilisation ou de sensibilisation.

Cependant, il ne s’agit pas de trouver un équilibre entre ces deux notions (désensibiliser et sensibiliser), mais bien de désensibiliser le cheval pour qu’il gagne en confiance, tout en veillant à ne pas altérer sa légèreté.

Pour cette raison, la confiance en soi c’est fragile, et c’est dans le Mental que ça commence. Mais ce n’est pas tout.

LES TROIS PILIERS DU CHEVAL : MENTAL, ÉMOTIONNEL, PHYSIQUE

Le MENTAL : l’équilibre entre confiance et respect

Deux notions essentielles structurent le mental du cheval :

  • Sa confiance en lui → Plus il a confiance en lui, plus il gère les situations sans stress.
  • Son respect envers nous → Plus il nous respecte, plus il nous accorde son attention et accepte notre leadership.

Ces deux paramètres sont des variables. Un déséquilibre entre confiance et respect se répercute sur l’état émotionnel du cheval, et c’est là que les problèmes commencent.

L’ÉMOTIONNEL : c’est la conséquence du mental

L’émotionnel, c’est ce qui régule l’impulsion.

  • Un cheval qui avance toujours trop vite ne le fait pas par envie. Il est dans l’émotion. C’est la conséquence d’un manque de confiance en lui.
  • Un cheval qui traîne les pieds et ignore vos demandes n’est pas simplement « froid à la jambe »… il manque de respect et vous accorde peu d’attention.

L’objectif est d’obtenir un cheval émotionnellement équilibré, c’est-à-dire qu’il soit capable d’accélérer ou de ralentir sur simple demande, sans stress ni contrainte. Mais pour cela, le prérequis est de l’avoir travaillé sur le plan mental et d’avoir équilibré son volume de « confiance en lui » et son volume de « respect vis-à-vis de nous ».

Le PHYSIQUE : l’expression conjuguée de l’équilibre mental et émotionnel

Un cheval en équilibre sur ses postérieurs, capable de se rassembler et de se propulser avec légèreté, est avant tout un cheval émotionnellement équilibré. Si tel n’est pas le cas,

  • S’il avance trop vite, il ne peut pas engager ses postérieurs correctement, car il fuit.
  • S’il traîne les pieds, il sera sur les épaules et incapable de se redresser.

La qualité du travail physique dépend donc directement de l’émotionnel, qui lui-même dépend du mental.

Pourquoi est-ce essentiel ?

Même si vous n’avez ni l’envie ni le besoin de rassembler votre cheval physiquement, vous devez impérativement le rassembler émotionnellement. Pour votre sécurité, car c’est ainsi que vous gardez le contrôle. C’est une règle essentielle.

Les problèmes émotionnels sont à l’origine de toutes les difficultés rencontrées avec les chevaux, qu’il s’agisse de peurs, d’écarts, d’excès ou de blocages. Un cheval équilibré émotionnellement est un cheval plus serein, plus fiable et plus agréable à monter. Et dans tous les cas à l’écoute de son cavalier.

Une autre vision du cheval

Dans mes stages d’équitation éthologique ou de horsemanship, vous apprendrez à voir le cheval autrement, à comprendre son fonctionnement mental et émotionnel pour mieux interagir avec lui. Plus vous aurez de compréhension, moins vous aurez d’appréhension, et plus vous avancerez ensemble avec fluidité, confiance, et harmonie.